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Thomas Schmahl

Octobre 2018

 

Thomas Schmahl est un réalisateur et artiste contemporain, il est en résidence deux semaines au Domaine de Kerguéhennec pour accompagner le travail de la chorégraphe et danseuse Lucia Citterio. Dans le cadre de cette résidence, ils vont ensemble réaliser une vidéo en dialogue avec les espaces naturels et les oeuvres du domaine.

 

 

 

 

Lucia Citterio

Septembre - Novembre 2018

" Durant cette résidence le corps est le principal outil de ma recherche.

Promenades / dérives sans but et direction précises, je crée des liens entre mon corps et les différents espaces du Domaine de Kerguéhennec.

 

Je me laisse pénétrer par le paysage en continuelle mutation, j’observe si et comment le paysage modifie la qualité de mon corps.

 

Expérimentation des actions liées au mouvement, je deviens partie du milieu sans prétention de suprématie ou domination et je m'observe bouger dans l’espace cherchant à rencontrer la danse à travers les lieux.

 

Miroir, carte sensorielle, corps-pensée.

 

Je danse le lieu.

 

 

Des traces subtiles et des mémoires resteront pour ceux qui croiseront mes déambulations et danses, et peut être pour ceux qui passeront après moi.

 

Le mot qui accompagne mes promenades, lectures et pratiques est vide.

 

VIDE: silence, ombre, pause, désert, disparition, absence, occupation, infini, vidange, fluidité, ruine, espace libre, plein.

 

 

La recherche pendant la residence pourra aboutir à la création d’un solo de danse et d’une video."

Manuela Marques

Septembre 2018

 

"Cette résidence au Domaine de Kerghennec est l’occasion, dans la continuité de mes recherches actuelles, de tenter de capter par l’intermédiaire de supports spécifiques,  différentes situations atmosphériques.

 

L’air, le vent, la lumière, l’eau, sont ainsi convoqués dans ce travail , le domaine devenant ainsi une sorte d’ observatoire, une station d’enregistrements des différents éléments éphémères qui le traversent. "

 

Léo Delarue

Juillet - août 2018

 

" Je me suis préparée à cette résidence en imaginant que j’irais marcher, marcher dans les bois, marcher le long de l’étang, que je trouverais des endroits où poser mon attirail, et que je pourrais dessiner ce que je vois. Dessiner en fouillant du regard un paysage complexe, dans lequel je serais immergée, que je verrais de l’intérieur, que je comprendrais aussi par la concentration et l’abandon dans la marche.

 

Que s’est-il passé ?

 

J’ai passé le plus clair de mon temps dehors.

 

J’ai marché, marché dans la forêt, marché le long de l’étang ; j’ai dessiné dans mon petit carnet, ces dessins de marche que j’affectionne particulièrement. J’avais du temps. Alors ce temps m’a poussé à regarder longuement, à stationner plus que je ne fais d’habitude dans mes carnets de marche. J’ai laissé venir cette envie de voir profondément, de m’aventurer outils en mains dans le paysage. Ce paysage alors devint intérieur, son organisation, sa structure devint organique. Le trait suit, ou ne suit pas, n’invente plus, le regard n’a pas de surplomb. Dedans, l’œil perçoit, capte, se perd, et se reprend, le geste s’abandonne puis se reprend lui aussi, la tension monte et se meurt. Le dessin révèle le temps en suspens, le geste qui ponctue.

 

Marcher quelque fois en me donnant un but, accélérer pour synthétiser et admettre la naïveté du résultat, son charme peut-être.

 

Accélérer encore pour resituer ce qui a déjà été fait, le geste s’emballe, la puissance se révèle là où le temps avait tout ralenti !

 

Courir sur le papier avec la lumière, s’effarer de ce qu’elle suggère puis cèle tour à tour, annihilant tout effort de saisir formes et situations. Les masses se perdent, les contours se dissolvent.

 

Il y a du noir, des traits, des forces, des gris diffus, des proches et des lointains, des coucous qui chantent dans la forêt profonde et font valser les fusains au bout du bâton.

 

Les travaux d’atelier sont différents, l’enjeu est tout autre.

 

De retour de la forêt, il s’agit de réinventer ce qui a été perçu, à la suite de ce qui déjà a été fait, des motifs ou des gestes. Sur de petits volumes en papier ou de grandes aquarelles, ce n’est pas la mémoire mais la sensation de présence de la terre, des feuilles sèches et des bois morts, des troncs et des feuillages, qui peut alors faire paysage. "

 

Yann Esnault

juillet - août 2018

Couleur

Comme virus, se propageant, contaminant le corps du papier,
Recherchant  un  lien organique entre le blanc du papier et la polychromie de  ses pigments.

 

Atelier

Interieur/Exterieur, intérieur, intérieur, intérieur…
Ce qui  libère le geste, tourner autour de la table.
Organisation des espaces pour une danse.

 

Paysage 

Lien évident entre la « pratique »  du paysage et la « pratique » de la peinture.

Parcourir la peinture comme on parcourt un paysage. 

Un paysage d’où je m’abstrais jusqu’à la peinture comme paysage.

 

Glaner

Ce que me permettent les bois, les pierres de rivière, glanés, le paysage glané intégré à l’atelier,  tout en m’imposant leurs contraintes, ne pas tout décider,
C’est leurs formes contraintes qui paradoxalement me donnent plus de liberté.

 

Gestes

Trouver une amplitude, dans le déplacement
La surface blanche.

Chaque peinture comme un nouveau chantier et continuité.
Fluidité verticale, horizontale, les nappes, la coulure.

Ne s’en interdire aucun.
L’inattendu.

 

Peinture

Ramassée et qui s’étend.

L’immersion, la sensation physique d’être dedans, à l’intérieur.
L’importance de la  peinture américaine.
La vase, la peinture dans le marais, eaux courantes, eaux stagnantes.
La rivière et l’étang.
La peinture comme miroir,  reflet et transparence du « paysage peinture ».
« En pleine peinture », comme en pleine mer.

 

 

Le projet de la résidence à Kerguéhennec était de peindre au fil de l’eau, imprégné de l’espace de l’atelier autant que de son environnement paysagé.

 

T.M. Project - Thierry Micouin et Pauline Boyer

Eté 2018

"A l’évocation du site de Kerguéhennec, comme lieu de résidence pour le projet « Corps et Espaces sensibles » c’est en premier lieu la collection des oeuvres du peintre Tal Coat qui a résonné.

Tal Coat est le peintre des éléments qu’il restitue dans ses peintures, ses aquarelles et ses dessins. Chez lui toute chose peut être destinée à l’oubli, au silence.

Mais au milieu du silence, il y a du bruit. De la tectonique des plaques au rayonnement cosmique, notre univers continue de bruisser de ses activités quand l'anthropocène a intensifié ses vocalisations. La première manifestation du vivant est sonore et notre perception s'ajuste à l'intensité de nos milieux. Lorsque John Cage (*) invite les sons du quotidien à pénétrer l'auditorium, il nous engage à considérer la valeur silence corrélativement à son contexte et ainsi, à reconfigurer notre approche du musical en nous impliquant dans la matière brute de nos milieux.

Nous souhaitons proposer au public une expérience immersive au contact des environnements naturels. Expérience à la fois visuelle à travers l’évocation chorégraphique de certains tableaux de Tal Coat, mais également sonore à travers la mise en place d’un processus de captation progressif des multiples états de lieux."

 

Rendez-vous avec FAILLE pour la première de création aux abords du château en espace naturel dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine.

Dimanche 16 septembre à 15h30 - Entrée libre - Réservation conseillée au 02 97 60 31 84 

Jean-François Baudé

Mars-avril 2018

"Cela fait plusieurs années que je viens au Domaine de Kerguéhennec pour conduire des ateliers d’arts plastiques autour des expositions en cours. Cela fait plusieurs années que je parcours dans tous les sens le domaine. Sensible au lieu, je le photographiais en me disant il faut que je retienne ceci, cela, pour mon travail d’artiste futur. Le futur m’a rattrapé je suis sur le lieu en résidence.
Mon travail est cette recherche continuelle d’étonnement dans notre paysage de vie, ce regard qui crée notre propre narration au monde.
Très sensible à la lumière qui vitalise le paysage zébré d’énergie végétale, je travaille avec le maximum de contrastes, le noir et blanc, le fusain et l’encre noir des monotypes - estampe que l’on ne peut imprimer qu’une seule fois".

Noir qui voudrait douceur
Et demande par bouffées
Paysage de repos,
paysage où rêver
Plus grande errance de Terre
Sans limite d’hémisphère
(Perinne Lorne)

Gilles Bruni

2018 (suite de la résidence sur plusieurs périodes depuis 2017)

"Troisième phase de la résidence : trois nouvelles pistes.

1. Il s’agirait de formaliser et de consigner la marche « à travers bois et vallées » que j'ai proposée à des visiteurs en 2017. Chacun pourrait ainsi se l'approprier, en fonction des saisons et des transformations du parc. Reste à « l’écrire », lui donner une forme.

2. Je souhaite poursuivre les échanges entrepris avec des Bignannais, à la bibliothèque, avec davantage de personnes : des riverains, des gens de la commune (mais pas que)... pour marcher ensemble, me laisser conduire, découvrir des lieux, d’autres approches. Ces moments précieux pourraient ensuite être partagés avec d'autres par le biais d'images, de parcours notés, de textes que je mettrai en scène dans un des espaces du Domaine.
3. Je reviens encore obstinément à mon intérêt pour les « bloutes noires » de la cariçaie (les fameux Carex paniculata qui m’ont bien occupé en 2017). La régénérescence de ces plantes empêche désormais le passage et m'oblige à repenser mon projet initial. A suivre..."

Sylvain Le Corre

Novembre 2017 - Janvier 2018

Le grand moment automnal de maturité flamboyante, comparé à un soleil couchant, fournit un moyen d’atténuer l’angoisse de la mort : par leur dernier éclat avant la chute, les feuilles enseignent l’acceptation de l’inévitable. Leur ultime sursaut de vie, ainsi que la transmission de l’énergie vitale au terreau, devraient exorciser toute mélancolie
Michel Granger, dans l’introduction de Teintes d’automne, de Henry David Thoreau.

 

"Durant trois mois, je vais pouvoir arpenter le territoire du domaine de Kerguéhennec et ses alentours, vivre pleinement l’automne puis l’hiver, profiter de cette incroyable transformation qui s’opère dans la nature. Je souhaite tenter de capter à travers des détails, des cycles, des passages où la vie laisse place à une autre. Où la décomposition d’un morceau de bois devient le théâtre d’un nouveau foisonnement. La mort n’existe pas dans la nature, tout est transition et imbrication, une harmonie que je souhaite retranscrire par le dessin et la sculpture. Dans un premier temps, il sera question de promenades, d’errances et d’observations. Des collections d’éléments ramassés ou photographiés lors de ces sorties viendront enrichir un vocabulaire graphique, qui plus tard, dans l’atelier, m’aideront à concevoir un univers dans lequel toute création serait en état de transition".

 

Michel Mousseau

Septembre-octobre 2017

"« Sur le motif ». En résidence au Domaine de Kerguéhennec, le défi c'est dessiner dehors. Il faut marcher par les chemins, affronter l'étrangeté du Domaine aux arbres centenaires, aux sous-bois hantés de sculptures, telle l'apparition de la Gradiva de Penone au pied fuyant.
L'enjeu, c'est produire un ensemble de dessins à la mine de plomb sur papier de très grand format. Ma motivation n'est pas de décrire le paysage mais de transmettre la nature particulière du Domaine, à la fois solennelle et agricole. Le sujet, c'est l'incarnation formelle de mon sentiment de la nature face à cet univers.
Arpenter le lieu, s'immerger. Aux aguets, l'œil voit et, sur le papier, la main transcrit des extraits du territoire. Ainsi s'impose le dessin".

michelmousseau.com